Différence entre les deux sexes ?
Pas la moindre....
A l'évidence, la femme possède certaines particularités biologiques.
Lui incombent la tâche de mettre les enfants au monde, et celle, non moins difficile des leur donner une éducation digne de ce nom.
Quant à l'homme, ses difficultés sont d'un autre ordre.
Il doit assurer le bien-être matériel de sa famille.
Mais au-delà de ses différences évidentes, qu'en est-il?
A mon sens, la femme apparaît bien plus réceptive que l'homme, dans la mesure où son ego est moins envahissant!
Quoi qu'il en soit, l'homme et la femme ont à faire face à leurs problèmes respectifs.
L'important, c'est de ne pas se laisser être piégé par le jeu des apparences. Krishnamurti
Une fois que j'ai su que Dieu était une femme, j'ai appris quelque chose de très approximatif au sujet de l'amour; mais c'est seulement quand je suis devenu une femme et que j'ai servi mon Maître et amant que j'ai connu l'amour absolument
Cette forme qui doit manifester la force spirituelle capable de transformer les conditions actuelles de la terre, cette forme nouvelle, qui la construira, sinon les femmes? La nouvelle espèce sera gouvernée par l'intuition, c'est-à-dire par la perception directe de la loi divine au-dedans.
Sri Aurobindo
La Mère divine est la Conscience et la Force du Divin.- qui est la Mère de toutes choses.
Mère (Ashram d'Aurobindo)
Archétype du Féminin dans l'Evangile par Jean-Yves Leloup
Les femmes de l'Evangile, que ce soit la Samaritaine, Marie-Madeleine ou Marie, peuvent être considérées comme des archétypes du féminin, des archétypes de la "psyché" à la recherche du Logos. Ces personnes présentes dans l'Evangile incarnent un certain niveau de conscience, et il s'agit d'entrer en résonance avec elles. Leur façon de vivre dans notre espace-temps peut inspirer notre propre chemin. On peut lire les Ecritures non seulement comme des textes du passé, des textes historiques, mais aussi comme des textes de l'inconscient, qui à travers des images, des symboles, viennent nous rejoindre dans notre inconscient personnel pour nous donner des informations précieuses pour le cheminement par lequel passera notre propre désir dans sa quête de vérité.
Avec Marie-Madeleine, Myriam de Magdala, nous pouvons entrer en résonance avec sept attitudes qui sont les siennes à travers les textes de l'Evangile :
Marie-Madeleine est d'abord l'archétype de l'amante au désir non identifié, désorienté, puis de l'amante au désir reconnu, pardonné, évocation de la transformation qui doit se faire en nous pour aller du désir inquiet au désir pacifié. Marie-Madeleine est l'archétype du féminin comme capacité de méditation silencieuse, en parallèle avec sa s½ur Marthe sans cesse en activité, et la question qui nous est posée doit nous inciter à intégrer en nous la contemplation et l'action. Marie-Madeleine est aussi l'archétype de l'intercession, la puissance de la compassion.
Marie-Madeleine est encore "capacité" d'intuition prophétique et de générosité, en parallèle avec Judas, elle est l'amour qui se donne face à l'amour qui calcule.
Elle est "capacité" d'accompagner les mourants : que l'on soit homme ou femme, c'est avec le féminin que l'on accompagne les mourants, avec une grande sensibilité qui fait trouver les mots justes au moment juste.
Marie-Madeleine est aussi écoute au-delà de la mort de ce qui n'est pas détruit par elle. C'est par notre dimension féminine que nous pouvons nous ouvrir à cette capacité. Marie-Madeleine, enfin, c'est l'initiée qui devient initiatrice, qui nous invite à devenir capables de témoigner dans l'espace-temps de quelque chose qui est au-delà de ce monde limité, capables de mettre de l'éternité dans le peu de temps que nous avons à vivre.
Ces sept archétypes sont autant de seuils qui nous entra"nent vers d'autres seuils, comme une invitation à aller voir en nous-mêmes ce qu'il en est de cet archétype du féminin dans notre intériorité, et comment il peut nous aider à traverser différents plans de conscience.
Parler de Marie, Myriam Vierge et Mère, est plus difficile, c'est parler d'une incarnation tout à fait particulière du féminin dans notre histoire, ce qui ne va pas sans investissement affectif. Il est difficile de l'évoquer d'une façon juste, sans émotivité, sans appréciation psychique faussée par nos mémoires. Les thèmes de la virginité ont souvent été utilisés d'une façon qui a empêché les humains de vivre pleinement leur dimension humaine. Et pourtant, on peut comprendre que pour mettre au monde du divin, de la lumière, de l'amour, il faut d'abord devenir vierge. Parvenir à ce domaine de l'immaculé en nous, ce n'est pas facile, et Maître Eckhart disait que l'on met longtemps à devenir vierge. C'est pourtant seulement dans ce domaine de l'immaculé que quelque chose de nouveau va se concevoir en nous. C'est dans le silence de la vacuité que nous allons appréhender la présence du Logos, de l'intelligence créatrice, et que nous allons éveiller en nous la dimension du fils de Dieu. Cette possibilité d'une immaculée conception est en nous, comme un graal capable d'accueillir le souffle de l'éveil après que la coupe de notre c½ur ait été vidée de tout ce qui l'encombre, la ternit ou la salit.
Les archétypes nous font aborder une réalité universelle. Ils nous permettent de retrouver en nous cette dimension féminine qui, sur le plan spirituel aussi, nous met au monde. Ils nous permettent d'entrer en harmonie avec ce qui fait être l'Univers, avec ce qui fait "qu'il y a quelque chose plutôt que rien", en nous faisant retrouver en nous cette énergie et cette conscience qui nous traversent. Ils nous initient à cet état d'ouverture qui permet les noces de la Sophia et du Logos.
Propos recueillis par Francis Ducluzeau